La science progresse plus rapidement lorsque tout le monde peut y participer. C’est pourquoi MitoCanada s’engage à donner à sa communauté les moyens d’acquérir des connaissances. En traduisant la recherche mitochondriale de pointe en résumés clairs et faciles à comprendre, nous visons à nourrir la curiosité, à renforcer la compréhension et à renforcer la confiance dans la science, source d’espoir et de progrès.
Résumé non scientifique : Une thérapie ciblant les mitochondries prévient l’apparition précoce de la faiblesse musculaire dans le cancer de l’ovaire
Auteurs :
Luca J. Delfinis¹†, Shahrzad Khajehzadehshoushtar¹†, Luke D. Flewwelling¹, Nathaniel J. Andrews¹, Madison C. Garibotti¹, Shivam Gandhi¹, Aditya N. Brahmbhatt¹, Brooke A. Morris¹, Bianca Garlisi², Sylvia Lauks², Caroline Aitken², Leslie Ogilvie⁴, Stavroula Tsitkanou³, Jeremy A. Simpson⁴, Nicholas P. Greene³, Arthur J. Cheng¹, Jim Petrik² et Christopher G.R. Perry¹*.
Sur quoi porte cette recherche ?
Cette étude a examiné comment la santé mitochondriale affecte la force musculaire en cas de cancer et si une thérapie antioxydante spéciale pouvait protéger les muscles de l’affaiblissement. L’équipe de recherche s’est concentrée sur le cancer de l’ovaire, qui provoque souvent la cachexie, une condition dans laquelle les muscles se dégradent, entraînant la fatigue, la faiblesse et une mauvaise qualité de vie.
Mais les scientifiques ont fait une découverte importante : la faiblesse musculaire commence en fait avant que les muscles ne rétrécissent ou ne perdent de leur taille. Cela signifie que quelque chose d’autre que la perte musculaire, comme un dysfonctionnement mitochondrial, pourrait être la cause initiale de cette faiblesse.
Que sont les mitochondries et pourquoi sont-elles importantes ?
Les mitochondries sont les « centrales électriques » à l’intérieur de nos cellules. Elles génèrent l’énergie (ATP) dont nos muscles ont besoin pour se contracter et fonctionner. Lorsqu’elles sont endommagées ou stressées, comme c’est souvent le cas dans le cancer, elles peuvent produire trop d’espèces réactives de l’oxygène (ROS), ou « radicaux libres ». Ces molécules peuvent endommager les cellules et entraîner fatigue et faiblesse.
La grande question
L’amélioration de la santé mitochondriale avant la perte musculaire peut-elle protéger la force des personnes atteintes de cancer ?
Comment ont-ils étudié cette question ?
L’équipe de recherche a utilisé un modèle murin (une méthode de recherche utilisant des souris qui partagent d’importantes similitudes biologiques avec les humains) de cancer de l’ovaire qui reproduit fidèlement l’évolution de la maladie chez l’homme. Ils ont traité certaines souris avec un composé appelé SkQ1, un antioxydant ciblant les mitochondries qui agit comme un bouclier à l’intérieur des mitochondries, réduisant le stress oxydatif et aidant les mitochondries à mieux fonctionner.
Ils ont testé :
- Force musculaire dans les jambes et le diaphragme (muscle de la respiration)
- Production d’énergie et utilisation de l’oxygène par les mitochondries
- Signes d’inflammation et de stress oxydatif
Qu’ont-ils trouvé ?
- La faiblesse musculaire est apparue très tôt, avant même que les muscles ne montrent des signes de rétrécissement (atrophie).
- SkQ1 a contribué à préserver la force musculaire aux stades précoces et avancés du cancer.
- SkQ1 n’a pas stoppé la perte musculaire, mais il a rendu les muscles plus forts et plus efficaces malgré l’atrophie.
- La thérapie a amélioré la manipulation du calcium à l’intérieur des cellules musculaires, les aidant ainsi à se contracter correctement. La manipulation du calcium fait référence à la manière dont les cellules musculaires contrôlent le mouvement du calcium, un minéral essentiel qui agit comme un interrupteur pour la contraction musculaire.
- Les effets positifs sont liés à des mitochondries plus saines, à un stress oxydatif moindre et à un métabolisme énergétique plus stable.
En bref, SkQ1 a contribué à maintenir les muscles sous tension plus longtemps, même pendant la progression du cancer.
Pourquoi est-ce important ?
Il s’agit de l’une des premières études à montrer que la faiblesse musculaire et la fonte musculaire ne sont pas la même chose, et que les mitochondries jouent un rôle clé dans la perte de force pendant le cancer.
En ciblant directement les mitochondries, les scientifiques pourraient être en mesure de.. :
- Retarder ou réduire la faiblesse précoce qui affecte la mobilité et la respiration
- Améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’un cancer
- Potentiellement, rendre l’organisme plus résistant pendant le traitement du cancer
Qu’est-ce que cela pourrait signifier pour les thérapies futures ?
Ces résultats montrent que les mitochondries constituent une cible thérapeutique prometteuse pour la faiblesse musculaire liée au cancer.
Si des résultats similaires peuvent être confirmés chez l’homme, des thérapies ciblant les mitochondries comme SkQ1 (ou des composés similaires tels que MitoQ et SS-31) pourraient un jour voir le jour :
- Aider les personnes à conserver leur force et leur indépendance pendant le cancer
- Compléter les traitements existants
- Améliorer la récupération et l’équilibre énergétique dans d’autres maladies liées à un dysfonctionnement mitochondrial
En termes simples
Le cancer ne fait pas que rétrécir les muscles, il les affaiblit en blessant d’abord les mitochondries. Cette recherche montre qu’en protégeant les mitochondries à un stade précoce, nous pourrions conserver des muscles plus forts plus longtemps, même en cas de maladie.
L’importance de cette question pour la communauté Mito
Cette étude nous permet de mieux comprendre comment le dysfonctionnement mitochondrial contribue à la faiblesse et à la fatigue, symptômes partagés par les personnes atteintes d’une maladie mitochondriale. Elle confirme que la santé musculaire dépend de la santé mitochondriale et que les thérapies visant à stabiliser la fonction mitochondriale peuvent avoir des effets bénéfiques considérables, non seulement pour les patients atteints de cancer, mais aussi pour toute personne affectée par des troubles du métabolisme énergétique.
Pour la MitoCommunity, cette recherche offre l’espoir que les mêmes principes, à savoir la protection des mitochondries pour préserver la force et l’énergie, puissent un jour être appliqués au traitement direct des maladies mitochondriales.
Remerciements
Cette recherche a été menée par Dr. Christopher G.R. Perry au Muscle Health Research Centre de l’Université York, avec des contributions de Luca J. Delfinis, Shahrzad Khajehzadehshoushtar, Dr. Jim Petrik, Dr. Nicholas Greene, et des collègues de l’Université York, de l’Université de Guelph, et de l’Université de l’Arkansas.
Leur travail collaboratif permet de mieux comprendre comment la protection de la santé mitochondriale peut aider à préserver la force musculaire au cours de la progression du cancer, et d’approfondir la compréhension scientifique de la relation entre la fonction mitochondriale et la santé musculaire.
Ce numéro de MitoInsights a été revu et approuvé par un ou plusieurs membres de la communauté des auteurs de cette publication.
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